A 16 ans, Noémie est passionnée d’équitation, elle aime l’aventure et la découverte. Alors, en juillet 2013, elle s’envole direction la Corse avec son amie Maëlle. Au programme, une colo itinérante à cheval.

Une première pour cette jeune Clermontoise qui se joint à un groupe de huit vacancières courageuses de 15 à 18 ans. Le séjour d’une semaine était organisé par la ferme équestre corse Albadu.

A son arrivée Noémie est surprise par les conditions rudimentaires, elle dort dans une tente à même le sol et n’a rien pour charger son téléphone portable. Titulaire du galop 6, elle se voit attribuer la jument la plus nerveuse, Rundi. Dès le lendemain, c’est parti pour l’aventure. Tous les matins, après de courtes nuits elle doit se lever aux aurores pour préparer son cheval. Détail important, en Corse les selles sont différentes, ce qui provoque quelques chutes incongrues et de nombreux fous rires au cours des premiers jours.

Une fois les chevaux préparés elle s’enfonce dans la cambrousse, les ronces, le maquis et les petits chemins escarpés à flanc de montagne. La vue est à couper le souffle, mais les conditions sont rudes.  « Physiquement c’était très éprouvant, il faisait très chaud et je devais tout le temps être en équilibre pour soulager le dos du cheval dans les sentiers les plus raides» raconte Noémie « Parfois, je devais descendre et faire la route à côté d’elle ». Quand elle se retrouve au bord du précipice, la vie de Noémie dépend entièrement de Rundi. Elle n’a d’autre choix que de lâcher les rênes et lui faire confiance, une expérience frissonnante.

Les journées commencent tôt et finissent tard. Pour éviter les heures les plus chaudes, Noémie et ses compagnes de routes font de longues pauses déjeuner. Déjeuner souvent chaotique et croustillant puisque les sandwichs tombent souvent du sac se mélangent à la terre pendant les balades.

Lors des intempéries, les rochers deviennent glissants et les chevaux peuvent déraper à tout moment. Il faut alors continuer à pied avec une distance de vingt mètres entre les animaux, stressés par l’orage. Mais la Corse cache un autre piège pour la jeune cavalière : la férule, une herbe toxique que les chevaux doivent à tout prix éviter. Alors quand la jument de Maëlle ingurgite une énorme branche de cette fameuse plante, Noémie n’a d’autre choix que sauter de Rundi et de se précipiter sur elle. Elle lui enfonce les doigts dans la gueule pour lui extraire le poison à temps. Moment le plus écœurant de tout son voyage.

Les bords de route demandent une attention particulière, les touristes irrespectueux frôlent parfois les chevaux, ce qui les effraie et risque de les faire partir au galop.

Le soir « Il y avait aussi l’inspection des tiques, et pas seulement pour les chevaux », plaisante Noémie. Elle doit aussi veiller à bien attacher sa monture pour éviter qu’elle prenne la poudre d’escampette au milieu de la nuit. « Quand les chevaux se sauvaient, il fallait leur courir après dans le noir. On ne voyait rien, on trébuchait dans les racines en essayant de les rattraper ». Et pour ajouter au folklore, d’autres animaux s’invitent au campement. « Il y avait des cochons sauvages qui tournaient autour des tentes. Une nuit, ils ont mangé la vaseline qu’on utilisait pour masser le dos du cheval. »

Pour ce qui est de la toilette, nécessaire après une journée de transpiration, c’est soit la douche glacée soit les rivières infestées de moustiques. Alors Noémie, courageuse mais pas téméraire choisit souvent l’option lingette !

Le dernier jour, elle a la chance de réaliser le rêve de bon nombre de cavalières : galoper sur la plage. Après la course elle plonge dans les eaux turquoise de Saleccia, une des plus belles plages corses, où elle se baigne avec Rundi. « C’était vraiment magique » s’enthousiasme Noémie, les yeux encore brillants d’émotion. « J’ai adoré ce voyage parce que ça m’a permis de profiter de moments simples avec mes amies dans un cadre magnifique et dans des conditions inhabituelles. En nous voyant, les gens étaient intrigués car ils n’étaient pas habitués à voir de jeunes filles voyager à cheval. Ils nous posaient beaucoup de questions sur notre expédition et ça m’a permis de faire des rencontres imprévues.

Grâce à ce voyage hors du commun Noémie s’est dépassée et a découvert une nouvelle facette de sa passion « J’ai créé un vrai lien de confiance avec ma jument, qu’on n’a pas forcément en club, et ça m’a donné un nouveau regard sur l’équitation. »

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Le saviez-vous ?

Pendant son périple, Noémie a chevauché sur la  » Sella Santu Petraccia ». Cette selle corse traditionnelle est le fruit du savoir-faire des artisans du village montagneux de Nebbiu. De style médiéval elle est considérée comme l’une des plus belles au monde. Elle diffère des selles classiques sur de nombreux points, notamment avec un arçon taillé dans une fourche de bois et surmonté d’un pommeau à corne. Le siège est également rembourré de poils de chèvres pour offrir un plus grand confort aux cavaliers, qui, comme Noémie, empruntent des chemins difficiles.

 

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