Parce que « Fumer son premier cigare cubain « organico » avec une casquette révolutionnaire, c’est quelque chose »

Cyriac, 21 ans, est étudiant à Sciences Po Toulouse. En échange à Ottawa depuis le début de l’année scolaire, il a décidé de profiter des tarifs dérisoires des billets d’avion, direction la Perle des Caraïbes.

Avec ses amis d’Ottawa Camille, Alexane, Manon et Nicolas, ils  partent donc  pour 10 jours « à l’aventure ». Pour se loger, et dans un désir d’un « voyage plus authentique », ils optent pour des « casa particular » à savoir dormir chez l’habitant. Le 12 février, ils s’envolent direction la Havane, pour un voyage improvisé. «  On avait un véritable plan pour la Havane, et pour le reste on s’est dit qu’on verrait bien ». Ils n’avaient ni logement sûr, ni moyen de transport pour aller à Cuba. Mais heureusement pour lui, à Cuba, tout est possible ! « Ou tout se négocie à l’amiable » ajoute-t-il.

Cuba

 

En débarquant La Havane, sa première pensée est que « Cuba, c’est un autre monde ». La chaleur, les nombreuses voitures des années 1950 forment un paysage plutôt dépaysant pour nos aventuriers. Les cubains venus les attendre affichent un grand sourire et se montrent très agréables et « déjà ça c’est un bon choc culturel » affirme Cyriac. Autre surprise plaisante : à Cuba, Il se sent en réelle sécurité, contrairement aux idées reçues

Surprise moins agréable : il y a une monnaie pour les touristes et une monnaie locale. Mais heureusement, « avec un peu de négociation sur les marchés locaux, on se débrouille facilement pour en récupérer ».

Le transport se fait sur les banquettes usées d’une « belle américaine ». Notre voyageur en profite pour observer les nombreux panneaux de propagandes « qui remplacent les nombreuses publicités de chez nous ». Malgré les formalités et les contrôles, les cubains sont chaleureux. Les touristes découvrent alors les « beautés » du régime mises en avant, ainsi que la place de la révolution, pour eux « incontournable », le fort qui donne vue sur l’ensemble de la ville, le musée de la révolution « avec des airs de musée de la propagande », mais également la mer qui leur rappelle que Cuba est « une île fermée sur elle-même, dont certains rêvent de partir ».

Dans un registre moins sérieux, nos jeunes gens sont fêtards et comptent bien profiter du rhum, spécialité de l’île, servi à un prix dérisoire. Ce qui leur a d’ailleurs joué des tours, sur la route de Vinales, obligeant leur chauffeur à s’arrêter à de nombreuses reprises. « Rhum, si ? »

Malgré ces quelques déboires, leur arrivée dans la nature de Vinales est une belle surprise. Villages où se mêlent vielles voitures américaines et carrioles, nature grandiose à perte de vue, champs de tabac cubain, balade à cheval, plage de CajoJucia…

Vinales

 

Bref, « on se croirait dans un paysage de carte postale ».

Après cela, direction Trinidad, réputée pour être une des plus belles villes de Cuba. Moins touristique, Cyriac note que « plus la misère est présente, plus les affiches appelant au « sentiment patriotique du peuple cubain » sont présentes ». Ancien maquis des révolutionnaires avant de devenir un maquis de contre-révolutionnaires,  Trinidad est une ville charmante, et haute en couleurs.

trinidad

 

Mais ce qui a le plus marqué l’étudiant, c’est la coupure que lui a offert Cuba. Pas de téléphone ; ni publicité, ni accès internet. Une bouffée d’air frais. « On a réellement l’impression de vivre dans une sorte d’autre espace-temps, dans une véritable parenthèse ».

Et quand on lui demande en quoi ce voyage a été pour lui différent des autres, il répond que Cuba n’est pas qu’un voyage, mais une belle leçon d’humanité. Il s’est senti adopté par ses familles d’accueil, par les guides, par toutes les rencontres qui ont jalonné son voyage. La chaleur cubaine n’est pas uniquement due au soleil.

Avec ses bons et ses mauvais côtés, Cuba reste une île bien particulière, encore coupée du monde, dont le futur reste incertain.

Advertisements